La sœur de
Carla Bruni ne taquine ni le podium, ni la guitare, mais elle foule les scènes de théâtre avec un talent certain. Elle met son apparence discrète et sa voix suave au service de son jeu grave. Et ca marche puisqu’elle est devenue en peu de temps l’une des comédiennes les plus saluées de la jeune génération. Née le 16 novembre 1964, Valéria est d’origine italienne. Elle est éveillée très jeune à la culture par son père compositeur. Sa famille, désirant fuir les Brigades Rouges, quitte Turin, lorsqu’elle a 9 ans. C’est en France qu’elle suit ses études. En 1986, elle fait ses premiers pas sur grand écran dans
Paulette, la pauvre petite milliardaire. Mais, son premier vrai rôle lui est proposé par Chéreau, son maître. Elle joue dans
Hôtel de France, film qui rassemble plusieurs membres de la troupe des Amandiers. Elle se fait connaître grâce à son rôle d’amnésique amoureuse, dans
Les gens normaux n’ont rien d’exceptionnels, premier film de Laurence Ferreira Barbosa. Sa prestation époustouflante et sa composition de la folie lui valent le César du meilleur espoir féminin. Elle joue, également, de nouveau avec Chéreau, son mentor dans
La Reine Margot, en 93, puis dans
Ceux qui m’aiment prendront le train, en 98. Elle devient aussi l’égérie d’une nouvelle génération de cinéaste d’auteur. Elle participe à différents films de Noémie Lvovsky. Elle met sa voix si particulière au service de personnage de femmes sensibles, parfois cassées, comme dans
Rien à Faire de Marion Vernoux, en 99, où elle interprète une chômeuse en recherche de repères. Elle est découverte du grand public dans des films, qui bénéficient d’une plus grande audience. Etrangement, elle n’incarne pas forcément les personnages dans lesquels on la confine dans le cinéma d’auteur, comme dans
Au cœur du Mensonge, de Chabrol. Elle tourne également dans son pays natal (
La Felicita, de Mimmo Calopresti, en 2002). Le réalisateur italien devient son compagnon à la ville et ensemble ils co-écrivent des scénarii. Elle s’essaie alors à la réalisation, avec
Il est plus facile pour un chameau…, en 2003. Le défi est relevé. Les déboires de pauvre petite fille riche, qu’elle dépeint, séduisent la critique et l’opus obtient le prix Louis Deluc. Pour Valéria, 2005 est l’année de la consécration. Elle enchaîne les tournages, après le troublant 5x2, en 2004, elle joue dans le délicat Le temps qui reste, de François Ozon, l’irrésistible
Crustacés et Coquillages, d’Olivier Ducastel, et même
Munich de
Steven Spielberg.