Grand maître du cinéma policier et de suspens, le réalisateur franco-grec Costa-Gavras est reconnu aujourd’hui comme l’un des virtuoses de son art. Il est également l’un des réalisateurs dont l’œuvre est la plus marquée politiquement. Né à Athènes, Costa-Gavras a pour patronyme réel Konstantinos Gavras. Costa-Gavras s'installe à Paris en 1951 (il obtiendra la nationalité française en 1968). A la fin des années cinquante, il devient l’assistant des plus grands réalisateurs de son époque. Son premier film
Compartiment tueurs met en scène son couple de grands amis,
Simone Signoret et
Yves Montand et lui offre un grand succès en 1965. Il triomphe avec
Z en 1969 qui remporte deux prix à Cannes et deux Oscars. Ce film montre la corruption des institutions comme l’armée et la police, en mettant en scène l’assassinat d’un député. Il entame, avec ce film, une trilogie politique qui comprend également
L'Aveu (1971) et
Etat de siège (1973). Il se concentre alors sur la réalisation de thrillers politiques, sur fond de drame sentimental, comme
Missing, qui raconte l'histoire de la disparition d'un jeune journaliste américain durant le coup d'État du général Augusto Pinochetet qui lui vaut une Palme d'Or au festival de Cannes 1981 et l’Oscar du meilleur scénario. Il alterne avec des films forts, illustrant la violation des droits de l'homme, comme
Hanna K, en 1983. La grande majorité des films de Costa-Gavras sont inspirés de faits réels qui mettent en scène des individus broyés par l'Histoire. Au début des années 80, il s'éloigne des plateaux à cause de ses fonctions de président de la Cinémathèque française. Mais il revient à son amour premier pour la caméra et signe
La Main droite du diable (1987) et
Music Box (1989). Costa-Gavras reste relativement absent du grand écran dans les années 90. En 2001, il réalise
Amen, un drame historique, qui dénonce l’aveuglement volontaire de l’Eglise face aux atrocités de la Shoah. Il retrouve alors la verve de ses premiers longs métrages.