Comme l’avait dit
Coluche aux Césars 84 : « Comme tout le monde, je remercie Claude Berri » et, en effet, il est le Monsieur loyal du cinéma Français. Il est né le 1er juillet 1934, à Paris. Dans sa famille, on est fourreur de père en fils. Il aurait d’ailleurs du faire sien ce noble métier. Pourtant, Claude Langmann de son vrai nom, a choisi de privilégier sa passion pour le théâtre. Il apprend l’art dramatique au célébrissime cours Simon. En 1953, il fait sa première apparition dans
Rue de l’Estrapade de Becker. C’est en ce début de carrière qu’il choisi son pseudo : Berri. Au début des années 60, la célébrité tardant à pointer son nez, il décide de produire au début des années 60, ses propres films sans que ce soit non plus la folie. Après avoir peaufiné son apprentissage de la réalisation auprès du grand réalisateur Pialat, il passe à l’acte. En 1967, il tourne son premier long-métrage,
Le vieil Homme et l’enfant, qui met en scène le bouleversant acteur, Michel Simon. S’ensuivent une série de films autobiographiques, qu’il interprète souvent lui-même :
La première fois, 1976 ou
Le Cinéma de Papa, 1970. Il illustre également les difficultés du mariage, en 1980, dans
Je vous aime, lorsqu’il est lui-même confronté au divorce. Son mariage avec Anne-Marie Rassam sera en effet un échec. Claude Berri se lance dans la production, en montant sa société Renn. Dès la fin des années 60, il finance de nombreux films, allant de la comédie populaire à la sauce
Claude Zidi au film d’auteur. S’il n’est pas mégalo dans ses propres réalisations, plutôt intimistes, il n’hésite pas à financer des projets de grande envergure, comme
L’Ours de Jean-Jacques Anneau. Dans les années 80 puis 90, il réalise plusieurs films qui marqueront leur époque et rencontreront de gros succès. Il signe
Tchao Pantin, en 1983, qui dresse un portrait émouvant d’un garagiste de nuit qui vit au gré des rencontres marginales. Ce film met en scène Coluche, dans un rôle dramatique. Puis, il adapte les livres de
Marcel Pagnol,
Jean de Florette-Manon des Sources, en 1986. On y retrouve la belle Emmanuelle Béart, en bergère, courtisée par l’idiot du village, incarné par
Daniel Auteuil. Puis, avec
Uranus, Germinal et Lucie Aubrac, il raconte des épisodes douloureux du passé de la France. Il produit aussi des block busters, comme
Astérix et Obélix contre César, puis
Astérix, mission Cléopâtre et investit dans des premiers films prometteurs comme
Didier, d’
Alain Chabat, ou
Les Sentiments, de Noémie Lvovsky. Très affecté par la mort de son fils, Julien, il poursuit son travail avec des films sombres. En 2003, il a été élu président de la Cinémathèque Française, en hommage à sa passion pour l’art contemporain.