Il est un fils de Sicile, il est le fils de Rose et de Salvator Pacino, il est un fils de l’immigration, il est le père du cinéma américain des années 70 et 80. Comme
Robert De Niro, il est un monstre sacré du 7ème art. L’enfant du Bronx, élevé par ses grands-parents maternels, a très tôt la passion de la comédie. A 14 ans, il y succombe et intègre une école d’art dramatique. Mais le fils du tailleur de pierre se retrouve en difficulté face aux méthodes utilisées. Il abandonne et multiplie les petits boulots. Il tient deux ans, puis retourne à sa passion. Il échoue malgré tout : les portes de l’Actors Studio ne s’ouvrent pas.
Cette fois-ci, il ne se décourage pas et poursuit sa formation. Il fait bien de persévérer : dès ses débuts, la récompense est attachée à son nom. Sur les planches, il remporte l’équivalent d’un Oscar. Couronné de louanges, de succès et de critiques, il est finalement admis à l’Actors Studio où il rencontre celui qu’on lui accole comme un frère siamois, Robert De Niro, et
Dustin Hoffman. Il est entouré des principales figures des années 70 et 80. Quand il commence au cinéma, il n’est pas un inconnu, mais une star de théâtre. Avant
Le Parrain, il se révèle au public du grand écran, mais c’est le film de
Francis Ford Coppola et son interprétation de Michael Corleone qui lui ouvrent les portes de la gloire. Dans le costume du mafieux, il a déjà 32 ans.
Sa popularité ne décroît pas avec sa filmographie qui se gonfle de films et de citations aux Oscar. Dans la suite du
Parrain, il se retrouve face à son camarade de l’Actors Studio, Robert De Niro. La rencontre cinématographique est mythique, mais pas unique : ils se retrouvent, bien des années plus tard, dans
Heat. Le meilleur acteur de 1974, selon la British Academ, connaît une période sombre : il refuse des rôles devenus des classiques, des succès d’intensité :
Kramer contre Kramer, qui revient à Dustin Hoffman,
Apocalyse Now, etc. Les films phares lui échappent et il connaît le goût du bide : son premier film en costume – autre que celui à col italien et rayures mafieuses – est un échec. Il se remet de ses revers de carrière au théâtre. Après une période de creux, l’inoubliable interprète de
Scarface, tout en subtilité et en nuances, est à nouveau en première place sur grand et petit écran : il est inquiétant dans
L’associé du diable, flippé dans
Simone, une star est… créée, désabusé dans
Insomnia… Même à la télé, parmi un superbe casting, l’acteur légendaire, oscarisé pour
Le Temps d'un week-end, fait un triomphe dans le rôle difficile de l’homme sans scrupules, antipathique et finalement émouvant, d’
Angels in America.